HOMMAGE à MONSIEUR Youssef CHAHINE

Youssef Chahine est né en 1926 à Alexandrie en Égypte. Après des études au Victoria Collège et à l'Université d'Alexandrie, il part pour les États-Unis en 1947, où il effectue deux années d'études de cinéma et d'art dramatique au Pasadena Play House près de Los Angeles, en Californie. De retour en Égypte, il tourne, en 1950, son premier film, la comédie Papa Amine. Il est, à vingt-quatre ans, l'un des plus jeunes réalisateurs égyptiens. Tenté par le néo-réalisme, il réalise en 1951, Le Fils du Nil. Avec ce film, il participe pour la première fois au Festival de Cannes. À partir de cette période, il ne cesse de tourner, alternant les genres, de la comédie, au cinéma d'aventures, en passant par le mélodrame et la comédie musicale.  Mais sa liberté de ton lui vaudra les foudres de certains extrémistes religieux. Néanmoins, il persiste à explorer la polyphonie du monde avec succès.

Il enchaîne avec Tu es mon amour et Adieu mon amour en 1957. En 1958, il réalise et joue le rôle principal dans Gare centrale, point d'orgue de la première partie de sa carrière. Il aborde alors sa période de maturité, soutenue par une prise de conscience politique. Il signe ainsi plusieurs films aux accents nationalistes. Victime de tracasseries administratives, il s'exile au Liban en 1965. Il y tourne avec Feyrouz Le Vendeur de bagues avant de revenir en Égypte en 1968. L'année suivante, il tourne La Terre, un hymne aux paysans égyptiens. Avec Le Moineau en 1974, le début des années 70 le voit s'interroger sur les problèmes de la société contemporaine égyptienne.

En 1979, il présente Alexandrie… pourquoi ? au Festival de Berlin. C'est la consécration internationale, il obtient l'Ours d'Argent et le Grand Prix du Jury. Le film, où il se met en scène avec une singulière liberté de ton, est le premier volet de ce qui deviendra par la suite une trilogie autobiographique comprenant La Mémoire en 1982, et Alexandrie encore et toujours en 1990. Entre-temps, il aura replongé dans l'histoire égyptienne, et signé Adieu Bonaparte en 1984.

En 1997 à Cannes, il reçoit le Grand Prix du 50ème anniversaire du Festival pour l'ensemble de son œuvre. En 1999,  Il enchaîne avec  L'Autre et deux ans plus tard Silence… on tourne,  Alexandrie… New York . Son film clôture la Section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2004. En 2007, Son dernier film Chaos sur le monde arabe est un exemple du genre de ce militant pacifiste.

 

Youssef CHAHINE